Marie José KIKUNDA compte travailler la terre jusqu’à son dernier souffle en dépit des difficultés

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Madame Marie José Kikunda  est née à Lusanga, dans la province de Kwilu dans une famille modeste.  A cause de difficultés financières connues par ses parents, elle a dû arrêter les études en 4e commerciale et depuis 1987 elle pratique le maraîchage jusqu’à présent.

Marie José Kikunda est arrivée à Kinshasa pour la première fois  afin  d’habiter chez son frère. Malheureusement, celui-ci a voyagé pour l’étranger, abandonnant ainsi  sa sœur à son triste sort, sans aucune ressource. 

Face à cette situation non prévue, elle était contrainte de retourner dans son village natal où elle s’est mariée à monsieur Luba. Après leur mariage, son mari a décidé de venir s’installer avec Marie José  Kikunda à Kinshasa. 

Après la retraite de son mari en 1994, Marie José  Kikunda s’est lancée dans l’agriculture dans le site de la Tshuenge dans la commune de Masina pour la survie de son foyer. « C’est là qu’est mon cœur, car les activités agricoles que j’exerce, me permettent de vivre et de faire vivre mon foyer. Elles nous  aident à survivre et à scolariser nos enfants qui sont arrivés à faire des grandes études », nous déclare-t-elle.

Sa plus grande réussite dans ses activités agricoles, est celle  de voir ses enfants  terminer leurs études universitaires et aujourd’hui ils sont utiles dans la société. C’est une grande fierté, nous confie-t-elle.

Comme les regrets ne manquent jamais, Marie José  Kikunda raconte que la sienne,  est le fait de ne pas prendre en charge ses petits-fils à partir de ses activités agricoles. Car, avec toutes les difficultés qu’elle rencontre actuellement, l’agriculture lui permet juste de survivre  même si elle s’est procuré 100 plates-bandes, mais elle manque de moyens pour pouvoir travailler.

En effet,  cela nécessite d’avoir du fumier qui devient de plus en plus rare et aussi  une main d’œuvre importante qui coûte cher. Or, les moyens financiers ne suffisent pas, a-t-elle dit. 

Déterminée à évoluer dans son métier, elle a intégré la coopérative agricole COOPMED après un bout de temps où elle a occupé le poste de vice-présidente. 

Elle a souligné que cette coopérative l’aide à faire la vente groupée pour avoir plus de revenus et elle vise aussi les clients étrangers. « Je cultive les aliments que les blancs mangent tels que les menthes, les aubergines, les courgettes, les concombres », a-t-elle déclaré. 

Cependant, elle lutte contre les pluies qui entraînent des conséquences néfastes sur ses récoltes et malheureusement c’est avec les moyens de bord qui ne sont pas durables. 

Une autre difficulté à laquelle elle fait face est la qualité du sol qui s’est détériorée au fil du temps et comme conséquences,  les produits cultivés ont perdu leur saveur d’avant et le rendement devient de plus en plus  faible.

 Comme l’Etat congolais fait la sourde oreille  aux problèmes des agriculteurs, Marie José se bat pour trouver seule des solutions en recherchant des carapaces des camions, des écorces d’arbres pour empêcher les eaux de pluies d’envahir ses champs. 

Pour pouvoir bien travailler comme à l’époque, il faut  l’implication de l’Etat congolais pour des solutions plus durables contre ces changements climatiques, dit-elle.

A l’époque, elle vendait au marché de Zigida et les ventes étaient intéressantes. Mais, actuellement elle est contrainte de vendre dans son champ suite aux difficultés des moyens de transport qui ne permettent pas une bonne évacuation des produits. C’est ainsi que pour elle, vendre au champ est avantageux. Car, elle préfère se mettre aussi à l’abri des tracasseries policières et administratives dans les marchés de Kinshasa communément appelés wenze.

 Bien au-delà de tout, elle envisage faire ce travail jusqu’à ce que ses enfants et petits-fils prennent la relève. 

                                                                                                               Myriam BWITI

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